MAVEK (Misbruik / Abus – Victimes – Église / Kerk) est une plateforme de pression temporaire et ciblée, composée de victimes d’abus sexuels au sein de l’Église catholique. Étant donné que des années de discussions avec l’Église n’ont pas abouti à une justice structurelle, MAVEK opte désormais résolument pour l’action politique.
L'action politique plutôt que le dialogue
MAVEK ne s’adresse explicitement pas à l’Église, mais au Parlement belge. La plateforme estime que l’Église a gaspillé sa chance de proposer une solution interne. C'est pourquoi MAVEK demande que la Belgique, à l'instar de l'Espagne, mette d'urgence en place :
Un médiateur indépendant, nommé par le Parlement.
Un statut légal de victime.
Un fonds de réparation, accessible exclusivement via ce statut, totalement indépendant des structures ecclésiastiques et intégralement financé par l’Église.
Pourquoi un fonds spécifique pour les victimes de l'Église ?
MAVEK soutient que les victimes de l’Église ne peuvent être assimilées aux autres victimes de violences sexuelles. Un fonds distinct est nécessaire en raison du caractère systémique de l’injustice :
Omission coupable problématique : La hiérarchie de l’Église n’a pas dénoncé les auteurs mais s’est contentée de les déplacer, ouvrant la voie à une réaction en chaîne de nouvelles victimes. L'institution est donc directement responsable de l'ampleur de la souffrance.
Obstruction organisée : Il existait une stratégie délibérée de dissimulation des faits (« la loi du silence ») afin de protéger la réputation de l’Église et des auteurs.
Intimidation et abus de pouvoir : L’Église a utilisé son pouvoir moral et spirituel pour manipuler les victimes par la culpabilité et le péché, les réduisant ainsi au silence.
Influence sur la société : Grâce à ses liens étroits avec le monde politique et judiciaire, l’Église a pu exercer des pressions pendant des décennies pour entraver les enquêtes.
Le fossé moral : Alors que l’Église se présentait comme l'ultime autorité morale, elle a agi comme un bloc de pouvoir trahissant ses propres valeurs pour garantir sa survie.
Urgence extrême et danger de procrastination
Tout report supplémentaire n'est plus une option pour les victimes. Pour MAVEK, la nécessité d'une solution spécifique et rapide repose sur :
Trente ans de reports systématiques : Depuis plus de trois décennies, les victimes sont confrontées à une absence systématique de résultats. Ces années d'immobilisme n'ont fait qu'accentuer le traumatisme et la méfiance.
Âge avancé : La plupart des victimes historiques sont aujourd'hui âgées. Pour elles, la justice est une course contre la montre ; elles ne peuvent mourir sans avoir obtenu la reconnaissance et la réparation nécessaires.
Pas d'assimilation générale comme manœuvre dilatoire : Lier ce dossier à une solution sociétale globale pour toutes les formes de violence sexuelle est trop complexe et difficile à réaliser. MAVEK considère de telles propositions comme une manœuvre dilatoire organisée qui entrave une solution immédiate pour ce groupe spécifique.
Statut de MAVEK
MAVEK n'est ni une ASBL, ni une organisation permanente, ni une plateforme de concertation. La plateforme représente uniquement les victimes qui souscrivent explicitement à ces objectifs. MAVEK est un instrument temporaire qui sera dissous dès que le Parlement aura adopté un cadre légal complet instaurant ces mesures.